La République Dominicaine, en espagnol República Dominicana, est un pays des Grandes Antilles. Elle occupe environ les deux tiers de l'île d'Hispaniola, en mer des Caraïbes, Haïti occupant le tiers ouest de l'île. L'espagnol est la langue officielle de ce pays qui compte plus de 10 millions d'habitants.

Le nom de République dominicaine a été institué par la constitution de 1844 (en espagnol, qui est la langue officielle, l'île se nomme : República dominicana) qui commence ainsi : "Les députés des peuples de l'ancienne partie espagnole de l'île de Saint-Domingue décrètent…". Son origine se trouve dans le nom de la capitale, Saint-Domingue (Santo Domingo en espagnol), elle-même baptisée en l'honneur de saint Dominique de Guzmán.
La République Dominicaine n'a pas d'appellation officielle courte. Cependant, il en existe plusieurs officieuses :
La "Dominicaine" (sur le modèle de la "République argentine" qui a donné l' "Argentine") ; cette appellation est peu usitée en français mais l'on trouve plus facilement ses équivalents anglais "Dominican" et espagnol "Dominicana" ;
"Saint-Domingue", par extension du nom de la capitale du pays, puisque c'est le substantif duquel dérive "dominicaine". Ce nom a cependant aussi été utilisé dans le passé pour désigner la colonie française qui occupait le tiers occidental de la même île (dite Hispaniola) et à laquelle a succédé la République d'Haïti ;
La "Dominicanie", terme surtout utilisé par les Haïtiens et qui date de l'occupation haïtienne.

Histoire
Habité par les Taïnos depuis le viie siècle, le territoire de la République dominicaine a été atteint par Christophe Colomb en 1492 et devint le site des premières colonies européennes en Amérique, Saint-Domingue devenant la première capitale espagnole au Nouveau Monde.

Après trois siècles de règne espagnol, avec un interlude français et haïtien, le pays devint indépendant en 1821 mais fut rapidement repris par Haïti. Victorieux lors de la guerre d'indépendance de la République Dominicaine en 1844, les Dominicains eurent pourtant de nombreuses difficultés à parvenir à une stabilité politique durant les 72 années suivantes. Les États-Unis occupèrent le pays de 1916 à 1924 et, après une période de six ans de calme et de prospérité sous Horacio Vásquez Lajara, s'en est suivie la dictature de Rafael Trujillo jusqu'en 1961.

Parvenu au pouvoir le 23 février 1930 à la suite d'un coup d'État, le despote Rafael Leónidas Trujillo Molina régna sans partage jusqu'à son décès. Il changea le nom de la capitale du pays (Saint-Domingue) en Ciudad Trujillo, s'appropria à son bénéfice et celui de sa famille la majeure partie des terres arables. Son régime fut marqué par la répression, l'usage de la torture et le meurtre politique.

En 1937, il ordonna le massacre de 15 000 Haïtiens. Dès août 1960 l'Organisation des États américains (OEA) imposa des sanctions diplomatiques à son encontre estimant qu'il était complice de la tentative d'assassinat du président vénézuélien Rómulo Betancourt. Le 3 août 1960, Joaquín Balaguer Ricardo, qui depuis 1935 avait été à divers titres au service du régime Trujillo, devint « président constitutionnel » fantoche au service de Trujillo. Au bénéfice de sa position au sein de l'appareil d'État, il réussit à prendre le pouvoir à la suite de l'assassinat le 30 mai 1961 de Trujillo (La Fiesta del chivo). Il fut néanmoins rapidement renversé.

La première élection libre depuis près de cinquante ans porta au pouvoir Juan Bosch, chef du Parti révolutionnaire dominicain (PRD). Celui-ci fut à son tour renversé par un coup d'État militaire. Très rapidement la situation devint confuse et la dernière guerre civile du pays se solda en avril 1965 par une occupation des forces armées des États-Unis. Cette confusion est usuellement mise en relation avec le fait que Bosch était perçu comme procastriste.
Balaguer remporta les élections de juin 1966 et fut, aux termes d'élections fortement influencées par la violence politique d'État au service d'une dictature, réélu en 1970 et en 1974.

En 1978, Silvestre Antonio Guzmán Fernández, candidat du Parti révolutionnaire dominicain (PRD), fut élu. Il laissa la place en 1982 à Salvador Jorge Blanco, également membre du PRD.

Balaguer retrouva un pouvoir de moins en moins dictatorial à la suite de l'élection présidentielle de 1986, et fut réélu en 1990 et en 1994. Cette dernière élection aux résultats serrés fut, aux dires des observateurs internationaux, suffisamment entachée d'irrégularités pour que seulement deux ans plus tard, la constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées.
Celles-ci conduisirent à l'élection du candidat du Parti de la libération domicaine (PLD ; centre-droit) Leonel Fernández Reina, âgé de 43 ans.

En 2000 c'est le candidat PRD (membre de l'Internationale socialiste) Hipólito Mejía Domínguez qui accéda au pouvoir. Il était opposé, d'une part, à Danilo Medina, candidat du PLD - Leonel Fernández ne pouvant se présenter pour un second mandat au vu de la constitution - et, d'autre part, à Balaguer, candidat du Parti réformiste social chrétien (PRSC ; conservateur). Balaguer, âgé de 93 ans, obtint plus de 24 % des voix et manqua de peu la possibilité de provoquer un deuxième tour.
Balaguer décéda le 14 juillet 2002, mettant ainsi fin à son implication dans une très longue transition vers la démocratie.
Hipólito Mejia, candidat après une modification de la constitution lui permettant de se présenter pour un second mandat, perd l’élection présidentielle de 2004 au profit de Leonel Fernández.
Aux élections législatives du 16 mai 2006, le PLD, parti de Leonel Fernández, obtient des électeurs dominicains une majorité au Sénat et à la Chambre des députés.
Leonel Fernández est réélu président de la République lors des élections du 16 mai 2008.

Géographie
Saint-Domingue, la capitale et plus grande ville, est la plus ancienne ville des Caraïbes et du Nouveau Monde. Santiago de los Caballeros est la deuxième plus grande ville.
Le relief de la République dominicaine est très varié, avec cinq massifs montagneux, des hauts plateaux, des forêts tropicales humides et touffues donnant naissance à de nombreux cours d’eau et lacs, des vallées verdoyantes, des régions très arides et désertiques. Le pays est traversé par trois chaînes montagneuses principales :
au nord, la cordillère Septentrionale évoluant jusqu'à une altitude de 1 249 m entre Puerto Plata et Santiago.
au centre par la cordillère Centrale, la plus importante des Antilles, avec les cinq plus hauts sommets des Caraïbes : le Pico Duarte (3 098 m), le Loma La Pelona (3 076 m), le Loma Rucilla (3 029 m), le Loma de la Viuda (2 802 m) et Yaque (2 760 m).
au sud la Sierra de Bahoruco avec un maximum de 815 m au nord de Higüey.
Au sud-ouest, le lac hypersalé Enriquillo est à 44 mètres au-dessous du niveau de la mer, le point le plus bas du pays, des Antilles et le plus bas dans une île océanique.
Le littoral dominicain s'étend sur 1 633 km, de la côte Atlantique au nord, à la mer des Caraïbes au sud, avec près de 600 kilomètres de plages propices à la baignade. Le pays compte aussi de nombreux parcs nationaux, dont certains comme le parc national Armando Bermúdez permettent la randonnée ou d'autres comme le parc de Los Haïtises les excursions à travers la mangrove.
Les cinq principaux aéroports accueillant de nombreux touristes en provenance d'Amérique du Nord et d'Europe sont situés à Saint-Domingue, Punta Cana, Puerto Plata, La Romana et El Catey à Samana.

Distances en km des principales villes* Attention : ces distances ne sont plus d'actualité pour Las Terrenas et Samaná en provenance du sud depuis l'ouverture de la route à péage Santo Domingo-El Catey, qui a réduit considérablement le nombre de kilomètres.