La Nouvelle-Calédonie est un archipel d'Océanie situé dans l'océan  
Pacifique à 1 500 km à l'est de l'Australie et à 2 000 km au nord de la  
Nouvelle-Zélande, à quelques degrés au nord du Tropique du  
Capricorne.

Distante de la France métropolitaine de près de 17 000 kilomètres et  
d'une superficie de 18 575,5 km², cette collectivité (ancien territoire  
d'outre-mer) située en Mélanésie relève de la souveraineté française  
depuis 1853. Elle dispose d'un statut particulier de large autonomie sui  
generis (ou "de son propre genre") instauré par l'accord de Nouméa,  
différent des collectivités d'outre-mer (COM). Un référendum local  
portant sur son statut institutionnel est prévu au cours de la quatrième  
mandature du Congrès, soit entre 2014 et 2018. L'accord de Nouméa  
précise que : "La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-
Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut  
international de pleine responsabilité et l'organisa-tion de la  
citoyenneté en nationalité". Ainsi, s'offre à la Nouvelle-Calédonie un  
ensemble de choix sur son futur statut (État associé à la France,  
indépendance, large autonomie au sein de la République française,  
etc.).

Peuplé depuis au moins 3 200 à 3 300 ans, l'archipel était habité avant  
l'arrivée des Européens par des Mélanésiens aujourd'hui appelés  
Kanaks, qui forment le peuple autochtone et constituent la première  
communauté de la Nouvelle-Calédonie, néanmoins minoritaire, avec en  
2009 40,34 % des Néo-calédoniens. La colonisation de peuplement,  
tant pénale (avec la présence d'un bagne de 1864 à 1924, la  
déportation s'étant arrêtée en 1894) que libre, est à l'origine de la  
population d'origine européenne, fortement métissée, soit 29,2 % des  
habitants se déclarant "Européens" en 2009 (natifs ou non) à quoi  
peuvent s'ajouter les 8,3 % de métis et les 4,96 % se définissant  
simplement comme "Calédoniens". Enfin, le développement économi-
que, surtout à travers l'exploitation minière du nickel et les secteurs  
liés (la métallurgie mais aussi le bâtiment et l'énergie) a entraîné  
l'apport de mains-d'œuvre asiatiques d'abord (indonésien-ne,  
vietnamienne et japonaise) à partir de la fin du XIXe siècle et pendant  
la première moitié du XXe siècle (leurs descendants représentant 3,34  
% de la population locale en 2009), puis polynésien-nes  
(essentiellement wallisienne et futunienne) depuis les années 1950  
(10,69 % des habitants en 2009). L'accord de Nouméa reconnaît dans  
son préambule une double légitimité reconnue d'une part à la  
population kanak (celle du premier occupant) et d'autre part aux autres  
communautés au titre de leur participation à la construction de la  
Nouvelle-Calédonie contemporaine, devant "poser les bases d’une  
citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine  
de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une  
communauté humaine affirmant son destin commun", et ce quelle que  
soit la solution institutionnelle finalement adoptée.

Son chef-lieu ou capitale, Nouméa, en est aussi la principale commune  
et la seule grande ville. Elle compte 97 579 habitants au dernier  
recensement de 2009. Le Grand Nouméa (avec les communes voisines  
de Païta, Dumbéa et Mont-Dore) compte 163 723 habitants, soit les  
deux tiers des 245 580 personnes peuplant l'archipel. Son organisation  
territoriale, mise en place en 1989 et confirmée par le statut de 1999,  
repose sur un "fédéralisme interne" dit "asymétique" (d'après Robert  
Bertram) ou "gigogne" (selon Jean-Yves Faberon), incarné par trois  
provinces (Nord, Sud, qui est la plus peuplée et la plus développée, et  
Îles Loyauté) disposant de champs de compétences très éten-dus. Le  
Congrès de la Nouvelle-Calédonie, formé par la réunion d'une partie des  
élus des assemblées provinciales, est un "Parlement local" disposant  
depuis 1999 d'un réel pouvoir législatif (préparant et votant des lois du  
pays) et de contrôle sur l'exécutif néo-calédonien incarné par un  
gouver-nement collégial.

Histoire
Il y a 5 000 ans, des habitants du littoral de la Chine du sud,  
cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour  
s'installer à Taïwan. Vers 2000 av. J.-C., des migrations ont lieu de  
Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent  
bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, les autres îles  
de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène  
des Philippines en Nouvelle-Guinée et au delà, les îles du Pacifique.  
Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de  
l'histoire de l'humanité.

Comme l'attestent des fragments de poterie Lapita retrouvés, les  
premiers habitants de la Nouvelle-Calédonie auraient posé le pied sur  
le territoire il y a environ 3 000 ans. On appelle Lapita la période de  
1300 à 200 av. J.-C. C'est à Koné sur la côte ouest de Grande Terre que  
furent découverts les premiers vestiges de la civilisation Lapita. Selon  
l'archéologue Christophe Sand : "si les Lapitas sont bien les ancêtres  
des Kanaks, leur culture n’était pas du tout la même, ce qui n’est pas  
non plus facile à admettre".

Durant la période suivante, Naia Oundjo, ce qui est appelé aujourd'hui  
la culture kanake commence à se différencier des autres cultures  
mélanésien-nes, elles aussi issues de cette migration austro-nésienne.  
Ils maîtrisent l'art de la pierre polie, et fondent leur civilisation sur la  
culture de la terre (principalement ignames et taros) et une organisa-
tion sociale basée sur une structure clanique. Lors de rituels guerriers,  
des clans pratiquent aussi l'anthropophagie10. Il est à noter que le  
terme de "kanak", longtemps péjoratif et véhiculé à la colonisation  
sous la graphie "canaque", vient de l'hawaïen kanaka. Le chef  
historique de la revendi-cation nationaliste et indépendantiste Jean-
Marie Tjibaou, à travers sa pièce Kanaké écrite pour le festival  
Mélanésia 2000 en 1975, a joué sur l'homonymie de ce terme avec le  
nom du héros d'un mythe régional de l'aire paicî, "Tein Kanaké", afin,  
selon Mounira Chatti, maître de conférences en littérature comparée à  
l'université de la Nouvelle-Calédonie, "de réaliser le glissement de  
Kanaké, code onomastique donné au héros dans les différentes  
versions du récit originel, vers un nouveau Kanaké, héros national qui  
parle au nom de la nation kanak. L'obsession de l'unité kanak amène le  
futur chef de file du mouvement indé-pendantiste à purger le mythe  
d'origine de son caractère régionaliste pour "le hisser au rang d'épopée  
nationale" (Bensa, 1987 : 428)".

Le 4 septembre 1774, l'enseigne de vaisseau James Colnett aperçoit à  
l'horizon une terre inconnue. Il se trouve à bord du bâtiment commandé  
par le navigateur et explorateur anglais James Cook. Cook baptise cette  
terre New Caledonia en l'honneur de l'Écosse. En effet, on dit que  
l'aspect des côtes lui aurait rappelé cette région de Grande-Bretagne,  
dont le père de Cook est originaire. (Caledonia est l'ancien nom latin de  
la province correspondant à l'Écosse britannique.).

Il est probable qu'en 1788, l'expédition française conduite par La  
Pérouse reconnaît la côte Ouest à bord de L'Astrolabe et de La  
Boussole, juste avant de sombrer dans un naufrage sur le récif de  
Vanikoro aux Îles Salomon. En 1793, le contre-amiral français Antoine  
Bruny d'Entrecasteaux, parti en 1791 à la demande de Louis XVI pour  
retrouver La Pérouse, passe au large de la Nouvelle-Calédonie,  
reconnaît la Côte Ouest de la Grande Terre et se serait arrêté  
notamment aux Îles Loyauté. Néanmoins, on attribue la découverte de  
ces dernières à l'explorateur français Jules Dumont d'Urville en 1827 qui  
fut le premier à les situer précisément sur une carte.
À partir de 1841, des missionnaires commencent à venir s'installer. Du  
côté catholique, des frères maristes, menés par Monseigneur Douarre  
qui est nommé vicaire apostolique de Nouvelle-Calédonie, s'installent  
tout d'abord à Balade en 1843, mais là encore les missionnaires sont  
chassés en 1847 avant de pouvoir revenir, et de façon durable, à partir  
de 1851.

Les deux organisations missionnaires, pour assurer leur assise sur  
l'archipel, en appellent alors aux deux puissances européennes  
susceptibles de les aider: les protestants au Royaume-Uni et les  
maristes à la France. La Nouvelle-Calédonie est finalement proclamée  
colonie française à Balade le 24 septembre 1853 par le contre-amiral  
français Febvrier-Despointes. En fait, c'est Edmond de Bovis qui mènera  
l'opération car l'amiral, fort malade, ne quitte guère son carré13.
Le 25 juin 1854, les militaires français fondent au sud-ouest de la  
Grande Terre Port-de-France pour servir de chef-lieu à la colonie, simple  
garnison qui deviendra rapidement une petite ville et prendra le nom de  
Nouméa le 2 juin 1866.
Après la Commune de Paris, la Nouvelle-Calédonie sert de lieu de  
déportation pour de très nombreux anciens communards condamnés par  
les conseils de guerre mis en place par le gouvernement d'Adolphe  
Thiers.
À la fin du xixe siècle et au début du XXe plusieurs tentatives de  
colonisation sont des semi-échecs
En 1931, des Kanaks sont exposés, dans un enclos de cases, au Bois  
de Vincennes, à l'occasion de l'exposition coloniale de Paris14.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le ralliement de la Nouvelle-
Calédonie à la France libre intervient dès 1940. La Nouvelle-Calédonie  
devient à partir du 12 mars 1942 une importante base arrière  
américaine dans la guerre contre le Japon, d'ailleurs la flotte américaine  
composée de l'USS Enterprise qui se dirigeait vers Guadalcanal avait  
séjourné à Nouméa.
Après la guerre, la France abandonne le terme de colonie, abolit le code  
de l'indigénat. En parallèle, le Territoire connaît une croissance  
économique rapide et importante grâce à l'exploitation de "l'or vert" :  
c'est le "boom du nickel", la Nouvelle-Calédonie devenant alors le  
troisième producteur mondial.
Les années 1980 voient les tensions entre opposants et partisans de  
l'indépendance atteindre leur paroxysme, les affrontements dégénèrent  
bientôt en insurrection quasi généralisée durant la période dite des  
"événements" (1984-1988). La violence culmine en 1988 avec la prise  
d'otages d'Ouvéa.

Cet épisode pousse les deux camps et leurs dirigeants à négocier. Les  
négociations aboutissent à la signature des accords de Matignon le 26  
juin 1988 prévoyant la mise en place d'un statut transitoire de dix ans  
devant se solder sur un référendum d'autodétermination pour que les  
Calédoniens se prononcent pour ou contre l'indépendance. Cet accord  
est complété par l'accord de Nouméa du 5 mai 1998 qui prévoit une  
autonomie forte et repousse le référendum final sur la question de  
l'avenir institutionnel (indépendance ou maintien au sein de la  
République française) entre 2014 et 2018. En cas de vote négatif, un  
second, puis éventuellement un troisième référendum pourront être  
organisés. À l'issue de votes toujours négatifs, un nouvel accord sera  
négocié.

Géographie
La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d'îles et d'archipels  
mélanésiens de l'océan Pacifique Sud, situé dans la mer de Corail  
autour des coordonnées 21° 30' Sud 165° 30' Est, à environ 1 200 km à  
l'est de l'Australie et 1 500 km au nord-est de la Nouvelle-Zélande. Le  
pays insulaire de Vanuatu la borde au nord-est. Elle couvre une  
superficie terrestre totale de 18 575,5 km215 et environ 3 400 km de  
côtes16. Sa Zone économique exclusive (ZEE) est de 1 422 543 km²,  
soit près de 13 % du total de la ZEE française, la deuxième plus  
importante pour un territoire français après celle de la Polynésie  
française et la 9e d'Océanie. Elle a des frontières maritimes avec les  
îles Salomon au nord, le Vanuatu au nord-est, Fidji à l'est, Norfolk  
(territoire autogouverné de l'Australie) au sud et l'Australie à l'ouest.